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Glossaire
des mots rencontrés au cours de ma lecture des documents du XVIIème siècle
  

Le vocabulaire utilisé dans les divers documents du XVII ème siècle n’est, bien sûr, pas le même que celui que nous utilisons aujourd’hui. Des dictionnaires nous sont donc d’un secours réel. Pour chaque mot qui m’était inconnu, j’ai d’abord consulté le Dictionnaire universel d’Antoine Furetière édité en 1690. J’ai seulement cherché la signification du mot s’il ne s’y trouvait pas, faute de mieux, dans d’autres dictionnaires du XIX ème et XX ème siècle. J’ai constitué donc mon glossaire grâce aux quatre dictionnaires suivants :
                                                 
AF = Le DICTIONNAIRE UNIVERSEL d’Antoine FURETIÈRE, 1690
DfrB = DICTIONNAIRE DU FRANÇAIS REGIONAL DE BOURGOGNE de Gérard et Danièle TAVERDET, Édition Bonneton, 1991
DMR = DICTIONNAIRE DU MONDE RURAL de Marcel LACHIVER, Edition Arthème Fayard, 1997
GdM = GLOSSAIRE DU MORVAN d’Eugène de CHAMBURE, 1878

* = le mot suivi d’un * se trouve séparément dans le glossaire


ABEILLES             Insecte volant… qui fait le miel & la cire… on ne peut decouvrir si elles sont masles ou femelles ; mais dans le Roy et les bourdons les parties qui servent à la generation sont tres perceptibles… Swammerdam montre aussi des rayons de miel où on voit les appartemens du Roy, de la Reine & des autres abeilles : et l’aiguillon de celuy qu’on nomme Roy a trois doubles ; & il fait voir ses testicules avec sa verge… (AF)

ACIER                      Fer bien purifié par l’art, & conduit à une plus parfaite mixtion qu’il n’étoit, par la coction de fer, & par attraction d’une humidité convenable qui engraisse le secheresse naturelle, & le rend plus blanc & plus solide avec un grain plus petit et plus fin. (AF)

AIDES                      Se dit plus particulierement des deniers que le Roy lève sur les marchandises qui se vendent & se transportent dedans & dehors son Royaume (AF) [Donc taxes indirectes]

AIRAIN                Cuivre, metail rouge qu’on mesle quelquefois avec de la calamine pour la rendre jaune, & dont on fait de la bronze, de la fonte, du leton, &c. Il sert à faire des ustensiles de mesnage, des cloches, des canons, &c. (AF)

AISANCE                 Commodité*. Il a acheté cette maison avec toutes ses aisances & appartenances. En ce sens il ne se dit qu’en Pratique. (AF)

AISSEAUMES          Petites tuiles en bois.

ANTIENNES             Est un Chant Ecclesiastique qui se chante alternativement par deux Choeurs, qui s’est dit d’abord tant des Psaumes que des Hymnes. (AF)

ANTIPHONIER   Livre où sont contenuës les Antiennes* de l’année ; c’est un livre qu’on met sur le grand pulpitre ou lutrin, escrit en gros caracteres avec les notes du plein chant. (AF)

APPARTENANCE    Connexité, dépendance. (AF)

ARCHE                     Coffre en bois

ARÈNE                 Sable résultant de la désagrégation des roches granitiques

ASCIAU                   Dans le centre, … doloire*, erminette de tonnelier, sorte de hache à l’usage du charron (DMR)

ASSEEUR              Habitant d’un bourg ou village éleu par la Communauté pour asseoir la taille & les autres impositions de l’année, pour taxer ce que chaque particulier en doit porter & ensuite faire la collecte. Le paysan est nommé pour faire la charge d’Asseeur & de Collecteur. (AF)

AULNE / AUNE      Mesure de longueur, 1,18 cm, plus tard 1,20 cm ; (AF) [supprimé en 1840]

BATTERIE                   Aire de grange, emplacement réservé pour le battage des gerbes au fléau. Le sol de la batterie est ordinairement formé d’argile damée avec soin. ( GdM)

BIEZ                            Canal qui renferme & conduit des eaux dans quelque élevation pour les faire tomber sur la rouë d’un moulin. (AF)

BLANC                     est aussi une ancienne monnoye qui valoit cinq deniers ; Un grand blanc. Les droits Curiaux sont taxez pour chaque parroissien à Pasques à un blanc. (AF)

BLAIRIE                   Droit seigneurial sur le blé

BLAIRIE               Le droit de blairie consiste à prendre 1 blanc ou davantage sur chaque teste de gros bestail trouvé aux blez ou prez, et un denier pour chaque teste de menu betail despuis la Notre dame de Mars jusqu’à ce que les bles et foins sont coupez et retirez (AD 71, G 431, p.19)

BOISSEAU               Mesure pour du grain, de la farine, des navets, de la cendre, du charbon, &c (AF)

BOISSELEE             Mesure agraire dans le Morvan. Le boisselée est de 0h,12a,50c. (GdM) C'est autant de terre qu'il en faut pour contenir la semance de grain contenu dans un boisseau.

BORDELAGE            Une sorte de bail emphytéotique à peu près spécial au Nivernais. On donnait un immeuble à bail perpétuel moyennant 1 somme 1 fois payée et 1 redevance annuelle fixe à toujours, et sans que le bailleur pût jamais rentrer en possession, hors le cas ou le tenancier venait à décéder sans hoirs "habiles à lui succéder". Or les seuls héritiers en bordelage étaient ceux qui vivaient en commun avec les décédés des biens; ceci explique la formation des communautés rurales qui couvraient le Nivernais. Le tenancier pour éviter les effets de la mainmorte, s'adjoignait ses enfants, gendres, petits-enfants.

Dans les campagnes, le bordelage s'appliquait uniquement aux petites exploitations, avec seulement des redevances fort modiques à cause de l'aléa de réversion. Par exemple : 1 maison et une dépendance, avec 30 boisselées de terre et 4 charretées de foin = environ redevance de 18 sols, 3 boisseaux de grains et 2 gélines, avec la charge d'entretenir, qui s'observait le moins possible.

A côté de ses inconvénients, le bordelage eut pour avantage de hâter en Nivernais la disparition du servage. Après la guerre des 100 ans, lorsque le paysan put enfin cultiver et récolter avec quelques assurances, qu'il fut parvenu à amasser un petit pécule, son seigneur saisit avidement l'occasion de lui troquer sa mainmorte et sa taille servile contre une dation à bordelage. (Registres - Terriers du XVIe et XVIIe siècle, Bulletin de la Soc. Nivernaise, tome 15, p. 77 ->)

BOUCHETURE       Qui se dit de tout ce qui sert à fermer & a boucher un pré, une terre labourable, & autres héritages pour les conserver, & empêcher que les bestes n’y entrent, comme sont les hayes vives, fagots, palis & eschaliers, &. En pays de pasturages il est deffendu d’oster les bochetures d’un héritage. (AF)

BOUCHON              de Taverne, est un signe qu’on met à une maison pour montrer qu’on y vend du vin à pot. Il est fait de lierre, de houx, de cyprés, & quelquefois d’un choux. Les taverniers payent un droit de bouchon. (AF)

BRASSELIÈRE            Brassières, chemisette de femmes qui sert à couvrir les bras & le haut du corps. (AF)

BROSSES                    se dit des bruyeres ou brossailles des terres incultes où il vient des plantes sauvages, du menu bois ou arbustes peu élevez, ou des méchantes tailles qui sont au bord de la forest. (AF)

BRUCHON                  En Bourgogne, corbeille, petit récipient évasé, la plupart du temps en paille tressée, rond ou oblong, peu profond pour mettre la pâte à pain avant de l’enfourner. (DMR)

CASUEL                      se dit aussi du revenu des Curez, qui consiste ni en fonds, ni en dixmes. Ce Curé outre sa portion congruë *, a tout ce casuel, le baisemain, le creux de l’Eglise. (AF)

CEDULE                  en termes de Banques, est un petit morceau de papier où les Banquiers & les Marchands écrivent leurs promesses, lettres de change, & rescriptions. (AF)

CHAINTRE                  Terrain, le sens peut varier selon les régions : a) bout de champs où l’on tourne la charrue ; b) petit terrain proche de la maison. (DfrB)

CHALIT                       Bois de lit. (AF)

CHAMPART             Droit qu’a un Seigneur de prendre sur les champs dependants de sa Seigneurie la dixiéme, treiziéme ou quinziéme gerbe dans la moisson de ses tenanciers, comme le Curé fait la dixiéme pour son droit ecclesiastique. Il y a des terres qui payent la dixme, d’autres le champart. Ce mot vient de ce que ce droit est comme une partie du champ que le Seigneur s’est reservée. (AF)

CHANTEAU                 Tranche de pain coupé à un grand pain, plus précisément la partie de l'embout qui a une partie ronde et une partie plate. (DMR)

CHATRON                   Taureau récemment châtré, jeune boeuf qui n’a pas encore été soumis au joug ou qui ne l’a été que depuis peu de temps. (GdM)

CHEPTEIL                   Bail de bestiaux qui se fait, lors qu’un Maistre donne à un Fermier un nombre de boeufs, ou de brebis, à condition de les nourrir, & d’en rendre pareil nombre à la fin du bail, et d’en partager le croist * et le profit. C’est un grand trafic qui se fait dans les Provinces, que celuy des bestiaux à chepteil. (AF)

CHAUFFOIR               Une chambre commune ou on va se chauffer.(AF) Lieu ou se trouve la cheminée; chambre à feu. (GdM)

CLAVIER                     Ce qui sert à porter & à joindre plusieurs clefs ensemble, de peur qu’elles ne s’égarent. Il est fait tantost d’une chaisne d’argent ou de cuivre avec une agraffe pour le pendre à la ceinture ; tantost d’un simple cercle d’acier, quand on le veut porter dans sa poche. (AF)

COEFFE                      On écrit aussi Coiffe. Couverture legere de la teste, tant pour les hommes que pour les femmes… A l’égard des femmes, ce sont les couvertures de taffetas, de gaze, de crespe, qu’elles mettent quand elles sortent, ou quand elles n’ont pas ajusté leurs cheveux. (AF)

CHENEVIERE             Lieu semé de chenevi pour faire venir du chanvre. (AF)

CHOPINE                    Petite mesure de liqueurs qui contient la moitié d’une pinte. (AF)

COMMODITÉ              On appelle aussi commodittez dans une maison, ou aisemants, les lieux où on va se descharger le ventre. (AF)

CONFERER                 Donner, octroyer. (AF)

CONFINER                  Estre  proche les bornes d’une autre Seigneurie ou pays. (AF)

CONGRU                     Est un terme du Droit Canonique, qui se dit d’une certaine somme qu’on fait payer au Curez sur les gros decimateurs de leurs Parroisse pour leur donner de quoy vivre... (AF)

CORDE                        Cube de bois de moule formant à peu près cinq stères (4s800). Il y a la corde de rivière qui est celle dont nous parlons et la “ corde ” de grand bois qui n’est que de quatre stères environ (4s400). (GdM)

CORPS                        se dit aussi des habits… qui servent à couvrir cette partie du corps qui va du cou jusqu’à la ceinture. (AF)

CORSET                      Corps de juppe sans manches, que portent les paysannes, & sur tout les nourrices, qui font grande vanité de porter un corps de satin, de damas, &c. (AF)

COTILLON                  Diminutif de cotte ; Petite juppe ou cotte de dessous. On le dit particulierement de celles des enfans, des paysannes, ou des petits gens. (AF) 

COUDRE                 Arbre qui porte des noisettes. (AF) [aussi coudrier]

COUETTE                    Lit de plume qui sert de garnir un lit. (AF)

COUVRECHEF         Coëffure dont les femmes de villages se servent en plusieurs endroits. Il est fait d'un morceau de toile empesée & tortillée, dont elles entourent leur teste. (AF)

COUSSIN                    Espèce d’oreiller ou de carreau qu’on emplit de plume, de bourre ou autre matiere molle, pour estre assis ou couché plus doucement. (AF)       


COMPETER                 Appartenir.

COTTE                         Partie de vestement, qui s'attache à leur ceinture & qui descend jusqu'en bas. Il ne se dit plus qu'à l'égard des paysannes, ou personnes du peuple ; car les dames de qualité l'appellent juppe. (AF)

CROIST                       Augmentation d’un troupeau par le moyen des petits qui y naissent. Dans tous les baux à chepteil * des bestiaux, après qu’on a remplacé le premier nombre qu’on en a donné d’abord, le maistre & le mestayer partagent le croist, c’est à dire, les bestiaux qui se sont multipliez, & qui sont le profit du bail. (AF)

DARD                          Autre nom de la faux.

DISME                    Dixiésme partie des fruits d’un héritage… Il y a une disme Royale ou Seigneuriale qui est appellée en quelques endroits champart ; une autre Ecclesiastique, qui est deuë naturellement aux Curez… Un Curé pour lever les dismes n’a besoin d’autre titre que de son clocher. (AF)


DIVERTIR                   Mettre à part; on s’en sert pour dire plus honnestement voler. (AF)

DOLOIRE                    Hache de tonnelier, dont le manche, très gros, est déporté pour faciliter le travail de l’ouvrier. On s’en sert pour aplanir le bois et tailler les cerceaux.(DMR)

DOUAIRE                    Bien que le mari assigne à sa femme en se mariant pour en jouir par usufruit pendant sa viduité & en laisser la propriété à ses enfans. (AF)

DRAP                           Le drap n'est que fait de bonne laine. (AF) Tissus en laine.

DROGUET               Estoffe de laine de bas prix, qui est une espece de drap, mais fort mince et fort estroit. (AF)

EMBLAVER                 Semer une terre en bled ..... EMBLAVE Un fermier est obligé de laisser à la fin de son bail les terres emblavées quand on les luy a données en tel estat. (AF)

ESPAUX = ESPAL   réserve dans une forêt, ce qu’on ne peut couper.

ESPINGLE                   Se dit aussi du present qu’on fait aux filles ou aux femmes, lors qu’elles ont rendu quelque service, ou qu’on achete quelque chose où elles ont part, pour leur tenir lieu de ce qu’on appelle entre les hommes pot de vin. On donne les espingles aux servantes de ceux chez qui on loge. Quand on achete quelque chose du mari, on stipule que la femme aura tant pour ses espingles. (AF)

ESTOC                        En terme de jurisprudence se dit figurément de la liaison de parenté qui vient d’une commune souche. Chacun des parens paternels & maternels heritent des immeubles qui viennent de leur estoc, ou de leur costé & ligne. (AF)

ESTOUPPE                  La bourre de chanvre, de la filasse, du lin. (AF)

ESTROUSSE            Adjudication de quelques biens qu’on publie en Justice… On dit aussi, l’estrousse des reparations ou des ouvrages qu’on publie au rabais. Il est de grand usage dans les Provinces. On le dit moins souvent à Paris. (AF)

EXPLOIT                     se dit aussi des actes & expeditions que font les Sergents. Un exploit d’assignation. Un exploit de demande doit être libellé. Un exploit de saisie & d’execution… (AF)

FALOT                         Grosse lumière qu’on porte au bout d’un bâton, enfermée dans quelque vessie ou lanterne. (AF)

FACTEUR                    Commissionaire, représentant d’un marchand, p.ex. facteur de bois, facteur de chaume. (AF)

FACTIEUX                  Celuy qui forme les cabales & les factions ; ou qui adhere a leur parti. Les Etats seroient toujours en repos sans les esprits factieux. (AF)

FAILINE                 Sorte de serge anc. Fabriquée en Bourgogne. (DMR)

FEUILLETTE               Certaine mesure de vin. Quelquefois c’est une grande mesure qui contient demi-muid ou 120 pintes de Paris, comme en Bourgogne. (AF)

FONTE                        se dit aussi de la matiere et de l’ouvrage qui a este fondu. Des marmites, des chandeliers de fonte… (AF)

FORMARIAGE … qui se dit de la celebration d’un mariage fait contre la Loy & la Coutûme, ou le droit des Seigneurs … les gens de serve condition ne se peuvent marier à femmes franches, ni hors la Justice du Seigneur sans permission, & doivent  l’amende de formariage ou un certain droit qui porte le même nom. (AF)

FOSSE                        se dit plus particulierement du lieu qu’on creuse expres pour y enterrer un mort, soit dans l’Eglise, soit dans le cimetiere, ou ailleurs. (AF)

FRIPPON, ONNE     Qui desrobe secrettement, qui tasche à tromper ceux qui ont à faire à luy, … & qui est sans honneur & sans bonne foy. (AF)

GABION                      Panier d’osier de figure cylindrique, haut de cinq à six pieds & large de quatre qu’on emplit de terre pour couvrir des batteries, ou pour servir de parapet à des lignes ou à des logements, quand la terre est difficile à remuer. (AF)

GARDEROBBE         Tablier de toile que mettent les femmes de basse condition pour conserver leurs habits. (AF)

GAMACHE                  Mauvaises chaussures, savate (Morvan) (GdM) ; Bottines ou bas de drap ou de toile cirée qu’on met par dessus les autres pour les garentir des crottes, & qui s’attachent avec des boutons ou agraffes. (AF)
 
GLUY                           Grosse paille de seigle dont on couvre les granges et maisons ... Il faut douze nombres de gluy pour réparer la couverture de cette bergerie, c’est à dire, douze douzaines de  gerbes de cette paille. (AF)

GOUGE                        Outil de fer, fait en forme de demi-canal, avec un manche de bois, à l’usage des menuisiers, des charpentiers, des plombiers, etc. (DMR)

GRAISSE, GRAICHE Graisse, fumier, engrais, ce qui engraisse, fertilise. (GdM)

GRAISSE                se dit aussi ce qui est visqueux & onctueux dans la terre. la graisse des montagnes tombe dans les vallées, & c’est ce qui rend celles-cy fertiles, & celles-là stériles.(AF)

GRAISSER                  Fumer un champ, une terre, un pré, avec du fumier d’étable. (GdM)

GUESTRE                    Bas de paysan fait de grosse toille, qui n’a point de semelle, mais qui couvre seulement la jambe, & tombe sur le soulier. (AF)

HAUT-DE-CHAUSSES  Signifie la partie inferieure de l’habit d’un homme, qui luy couvre les fesses, le ventre & les cuisses (AF) contrairement à un PANTALON : se dit aussi d’un caleçon qui est tout d’une piece avec les chaussettes , ou d’un haut-de-chausses estroit qui tient avec les bas. (AF)

IMMEUBLES            Bien fixe qui est en évidence, qu’on ne peut transporter, cacher, ni destourner. Les immeubles sont des fonds des heritages, droits seigneuriaux. Les moulins, les bois de haute fustaye, le poisson dans un estang, sont des immeubles. (AF)

INFORMATION      Acte par lequel un Juge redige par escrit les depositions des tesmoins qui sont assignez par devant luy pour certifier, de la verité de quelque faits. (AF)

JUSTE-AU-CORPS Espece de veste qui va jusqu’aux genoux, qui serre le corps, & monstre la taille. Depuis quelque temps la mode est venuë que chacun va en juste-au-corps... , de velours, de drap, &c. Il ne se portoit autrefois que par les gens de guerre. (AF)

LIBERA                  Dans la liturgie catholique, prière que l’Eglise fait pour les morts, et qui commence par le mot « Libera ».

LICITATION               Action qu’on poursuit contre des coproprietaires d’un héritage possedé par indivis, afin que la proprieté en appartienne à un seul, en remboursant ou desdommageant les autres ; ... La licitation se peut faire à l’amiable sur des estimations faites par experts convenus ... (AF)

LIT bien GARNY est composé de ces pièces ; d’un chalit, ou bois de lit, d’une paillasse, d’un lit de plume, d’un matelas, d’un traversin, de deux draps, & d’une couverture, d’un dossier. (AF)

MAIN-MORTABLE   Terme de coustumes, qui se dit des gens de serve condition, dont les biens, qu’on appelle aussi main mortables, appartiennent au seigneur, quand ils sont decedez sans hoirs issus de leurs corps procréez en legitime mariage, car ils ne peuvent tester que jusqu’à cinq sous sans le congé de leur Seigneur. (AF)

MAIN-MORTE            Celuy qui est main-mortable, qui est de serve condition. il y a encore une infinité de familles dans la Province de Bourgogne, qui sont gens de main-morte. Il y a des hommes de main-morte en tous biens, meubles & heritages; les autres en meubles seulement ; les autres en heritages seulement. Ce nom de main-morte vient de ce qu’après la mort d’un chef de famille sujet à ce droit, le Seigneur venoit prendre le plus beau meuble qui estoit dans la maison, ou s’il n’y avoit point, on luy offrait la main droite du mort, pour marque qu'il ne le serviroit plus, comme on voit des Chroniques de Flandres.(AF)

MANTE                        signifie aussi une grande couverture de lit faite de laine. On en fait à Montpellier, à Avignon & à Paris. (AF)                     

MANUMISSION       Action par laquelle  on donne la liberté à un esclave... On a appellé en France manumissions, les affranchissemens des gens de condition, serve, ou de mainmorte. La plus-part des manumissions ont été faites du temps du Roy St. Loüis. Les gens de main morte  condition devoient faire confirmer la manumissions qu’ils avoient obtenuë de leur Seigneur par des lettres patentes du Roy verifiées à la Chambre des Comptes, & devoient payer pour cela certaines finance.(AF)        

MARCHEPIED garny de deux serrures  Banc pour poser les pieds quand on est assis et servant de coffre a sel. (Glossaire du langage populaire de Saône et Loire, 14e au 19e s.)

MEIX                     Un meix était en Bourgogne et en Morvan une habitation rurale. Le mot s’appliquait aussi bien aux dépendances qu’à la maison même. (GdM)

MELOISE                    Prairie ou pâture humide : Le Morvan est un sol granitique, formé par une agglomération de montagnes presque toutes boisées dont les interstices forment des vallées d’un aspect varié et souvent pittoresque arrosées par une infinité de sources et de filet d’eau vive... Ces héritages y sont en très grand nombre. Les meilleurs s’appellent Meloises, les habitants en ont grand soin et s’entendent à merveille à les faire profiter de toutes les eaux qu’ils ont sous la main. (GdM). [En 1999, on l’appelle à Arleuf mouille]

MENDIANT                 Gueux qui demande l’aumosne. On a fait un Hospital general pour y renfermer tous les gueux mendiants. Les gueux qui sont effectivement mendiants ne sont point compris au rolle de taille. (AF)

MERLIN                       Espèce de hache à fendre le bois de chauffage. (DMR)

MEUBLES               Bien qui se peut transporter d’un lieu à un autre, qui se peut cacher ou destourner, qui n’est point attaché au sol, à la terre. En France on ne reconnoist que deux sortes de biens, meubles & immeubles. Les meubles c’est l’argent comptant, les marchandises, les dettes par cedulles ou obligations, des bestiaux, utenciles d’hostel qui ne tiennent ni a fer ni a clou... Le bois, le bled, le foin couppé, le poisson en boutique, sont reputez meubles. Mais quand ils sont pendants par les racines, & le poisson dans l’estang ou le vivier, ils sont reputez immeubles. Les peres & meres succedent à leurs enfans a l’egard des meubles. (AF)

MONITOIRE                Lettres qui s’obtiennent du Juge d’Eglise, & qu’on publie au prosne des Parroisses, pour obliger les Fidelles de venir deposer ce qu’ils sçavent des faits qui y sont contenus sous peine d’excommunication. Les monitoires ne s’obtiennent qu’en vertu de permissions des Juges Laïques, quand on ne peut avoir preuve autrement des faits contenus en une accusation... (AF)

MOUCHES A MIEL  sont celles qu’on retire dans les ruches ou paniers, qui font le miel & la cire… on dit qu’on chastre les mouches à miel, quand on oste une partie de celles qui sont dans la ruche. (AF)

MOUCHOIR DE COL  est un linge garni ordinairement de dentelles exquises, dont les dames se servent pour cacher & pour parer leur gorge. Les dames portent par modestie des mouchoirs en pointe & tout unis. (AF)

OBVIER                      Aller au devant d’une difficulté, d’un inconvenient qu’on a prevu, & y apporter remede. (AF)

NAVETTE                Petite graine venant d’une plante du même nom, qu’on donne aux linotes & a quelques autres oiseaux. On fait grand trafic d’huile de Navette. (AF)

OUCHE, OSCHE         Vieux mot français qui est encore en usage en plusieurs Province, que signifie une terre laborable close de fossez ou de hayes (A.F) Ouche, terrain ordinairement situé dans le voisinage des habitations et qui est en général plus fertile que les autres. (GdM)

OUTRAGER                 Dire des injures à quelqu’un, le battre , & l’offenser en sa personne, ou en son honneur. (AF)

PASTURAGE               Lieu où les bestiaux vont à l’herbe pour se nourrir (AF)
                       Signifie aussi le droit de pasturer qu’on a sur certaines terres. Les Communes d’un tel village ont droit de pasturages dans ces varenes, il ne leur couste rien pour le pasturage de leurs bestiaux. (AF)

PAISSON                    Ce que les bestiaux mangent dans les forests & à la campagne; & se dit plus particulierement de la glandée & autres fruits sauvages. (AF)

PESON                        Balance romaine composée d’un fleau ou verge, d’un poids mobile sur le fleau, & d’un crochet pour la suspendre. Le peson sert à peser les choses de grand poids, ou d’un grand volume & embarassantes, qui ne peuvent tenir dans les plats de la balance ordinaire. (AF)

PIGNORATIF              Terme de jurisprudence qui signifie, Engagement. Un contrat pignoratif est un contract par lequel on vend, on engage un héritage à faculté de remere* ou de rachat. (AF)

PLANT VIFS               Haie faite de plantes/buissons (en morvandiaux) en opposition aux haies mortes faites de branchages coupées.

POCHE                        Sac de Meusnier où il met un septier de grain, de farine. (AF)

PÔCHE                        Louche à potage. Très vivant partout (louche est littéraire). (DfrB)

POURPOINT               Habillement d’homme pour la partie superieure du corps despuis le cou jusqu’à la taille. (AF)

PRECAIRE                  Terme de jurisprudence, qui se dit adverbialement d’un fonds dont on n’a pas la pleine propriété, dont on ne peut disposer, & qui est presque par emprunt… c'est-à-dire, que le propiétaire ne possede plus les heritages qu’il hypotheque… (AF)

PRECIPUT                   Terme de jurisprudence. C’est un avantage qui appartient à quelqu’un dans une chose à partager, ou une portion qu’on preleve, & qu’on met à part en sa faveur, avant que de partager le reste.   PRECIPUT, est aussi un avantage que l’on stipule dans les contracts de mariage en faveur du survivant, qu’il doit prendre sur les biens du predecedé avant le partage de la succession, ou de la communauté. (AF)

PRIME                         Prononcé prim, désigne la brebis d'une année ("Les Parlers du Morvan" de Claude Régnier, publié en 1979)

PRINCIPAL                 Capital d’une somme dûë, & est opposé à interests ou despens. (AF)

QUERELLE D’ALLEMAND faire une querelle d’allemand à quelqu’un, pour dire, l’attaquer sans sujet & de gayeté de coeur. (AF)

QUIDAM, QUIDAME  se dit seulement dans les monitoires*, à cause qu’il est deffendu d’y marquer les noms, quoy qu’on le sache. Tous ceux qui scauront que certains quidams ou quidames ont fait telle chose, sont advertis d’en venir à revelation. (AF)

RATELLE                 Dans le Morvan, le Nivernais, la herse. (DMR)

RATINE                       Espece d’estoffe de laine qui jette un poil frisé, qui sert à doubler des habits, & a tenir chaudement. (AF)

REMERÉ                      Terme de Palais. Faculté de rentes dans un héritage qu’on vend, en remboursant le prix qu’on en recoit. Les contracts à faculté de remeré ne sont que des contracts pignoratifs. On limite un temps pour exercer la faculté de remeré, le remeré. (AF) - Clause par laquelle le vendeur, lors du contrat de vente, se réserve la faculté de reprendre la chose vendue, moyennant le remboursement du prix principal et le remboursement de certains frais.(AF)

SABOTS                 Chaussures faites d’un bois creusé, dans lequel on met le pied. Ce sabot est la chaussure des villageois, des pauvres gens. (AF)

SEPTENTRION         Constellation céleste composée de 7 étoiles, petite ourse que le peuple appelle le petit charriot, dont l’extrémité est une étoile la plus proche de notre pôle. (AF)

SERGE                         C’est une estoffe commune & legere de laine croisée. La bonté des serges se connoist à la croisure ; celle des draps à la filure. Les serges se font de laine seche & degraissée avec du savon noir… Les serges qui ne sont pas de pure laine doivent avoir la lisiere bleuë. (AF)

SOMBRE                     Du Berry à l’Aude, à la Champagne, à la Franche-Comté, à la Bresse, terres qu’on laisse reposer, jachères. “Faire les sombres”, donner la première façon à la terre, au sortir de l’hiver, pour l’ameublir et la nettoyer… Sur les sombres, les jachères, on faisait parfois, pratique interdite par les baux, quelques cultures dérobées comme maïs, fèves, haricots, pois, navette, millet et autres “graines rondes”, cultures qui ne bénéficiaient pas de la surveillance des messiers. (DMR)

SUBROGER                 Terme de Palais, ceder son droit, mettre quelqu’un en son lieu et place... Lors qu’on acquitte une dette à une tierce personne... on est subrogé de droit... (AF)

TAURE                         Jeune vache qui n’a point encore souffert les approches du taureau (AF)
TORIE / TAURIE en Bourgogne (DMR)

TABLIER                     Piece d’estoffe, ou de toile, que les femmes mettent devant elles pour se parer…..Est aussi ce qu’on met devant soy pour conserver ses habits. (AF)

TENEMENT                 Terme de Pratique. Metairie dependante d’une Seigneurie. On dit dans un adveu : Item le tenement d’un tel lieu consistant en grange, metairie & maison, qui doit tant pour cens & rentes. On dit aussi, Il y a une piece de terre de 25 arpens tout d’un tenement, pour dire, qui n’est point separée, dont tous les arpens tiennent ensemble. (AF)

TIRETAINE                 Sorte de droguet*, estoffe tissuë grossierement, moitié fil, moitié laine. (AF)

TOILE DE MESNAGE la toile de chanvre. (AF)

TRIAND                       Houe à trois dents pour défoncer le sol, et qui peut avoir une lame de l’autre côté. (DMR)

USAGES                      au pluriel, se dit des bois, des pasturages, des brossailles, der terres vaines & vagues qui appartiennent à des Communautés, où chaque particulier peut mener ses bestiaux, ou prendre du bois pour son usage. Les Seigneurs sont sujets à s’emparer des usages des Communautés, & à les enfermer en leurs enclos. (AF)

USAGE                   se dit aussy du droit qu’on a de coupper du bois, ou de mener paistre ses bestiaux dans des bois ou forests du Roy, ou des particuliers, seulement pour son usage, pour se chauffer, ou reparer sa maison ou ses harnois, c'est- à-dire, seulement pour ses besoins & necessitez, & non pas pour en vendre, ni en donner. (AF)

VAUDOIS                    est un nom qu’on a donné à certains Heretiques… & ont été ainsi nommés de Pierre Vaude riche bourgeois de Lyon, qui sous pretexte d’une parfaite pauvreté, enseigna plusieurs heresies. Cette secte a été appellée Vauderie, & les Calvinistes ont suivy quantité de ses erreurs. (AF)

VAINE PASTURE    se dit de terres & prez dépouillez, après que la faulx y a passé, en chaumes, en friches, en terres non ensemencées, vacantes, ou non labourées, bruyeres, hayes & buissons, en bois non deffendables, & generalement en tous heritages non fermez, où il n’y a semences, ni fruits, qu’on appelle aussi terres vaines & vagues. (AF)

VERNE                        Aulne [arbre].

VISITE PASTORALE  examen des paroisses par l’archevêque du diocèse ou son représentant et donnant lieu à la rédaction d’un procès-verbal.
  
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